Chaque année, les Français achètent 3 millions d'équipements numériques, ce qui équivaut à un peu plus de 8 000 par jour, un chiffre considérable compte tenu de la population française. Dans nos nouvelles pratiques, nous utilisons de plus en plus d'objets connectés tels que les montres connectées, les frigos connectés, les systèmes de réalité augmentée jusqu'aux machines à laver connectées. Même si tous ces objets représentent une valeur ajoutée à la vie quotidienne et/ou professionnelle, les impacts du numérique sont importants, à bien des égards. Lemon Interactive vous dresse un récapitulatif des 4 impacts du numérique.

Les impacts environnementaux du numérique

Certains indicateurs nous montrent clairement que le numérique a des effets environnementaux conséquents, qui mettront en danger notre planète, à plus ou moins long terme.

Les 3 grands impacts du numérique sur l'environnement

Sans parler de l'épuisement des matières premières et des ressources, qui représente un danger évident pour notre planète, on recense 3 grands impacts du numérique sur l'environnement :

Illustration des trois impacts environnementaux du numérique, l'émission de CO2, la consommation d'eau et la consommation électrique.
  • Les émissions de gaz à effet de serre (CO2) : ces effets sont surtout constatés lors de la fabrication des produits numériques. Pour vous donner une idée, le numérique représente 3,8 % des émissions de CO2 mondiales, ce qui est plus élevé que l'impact carbone de l'aviation civile ;

  • La consommation d'eau : son impact carbone est principalement généré lors de l'extraction de matière première et de la fabrication. Rappelons que l'eau est une ressource renouvelable, mais pas illimitée ;

  • La consommation électrique : le numérique représente 10 % de la consommation électrique en France, et la plus grande part concerne notamment l'extraction du charbon avant fabrication. Rappelons que l'électricité, qu'elle soit fossile, nucléaire ou issue d'une centrale thermique, est responsable d'émissions de gaz à effet de serre et donc, en partie, du réchauffement climatique.

Nous le savons, les ressources de la planète ne sont pas illimitées, et à ce rythme-là, de nombreuses matières non-renouvelables vont rapidement s'épuiser. Rappelons que pour fabriquer un smartphone, il faut extraire 200 kilos de matière, de 70 matières premières différentes, qui sont, pour la plupart, menacées. Certains éléments, comme l'étain, le tantale, ou l'or, se trouvent dans des zones géographiques à conflit, et très éloignées de notre pays. C'est pour cela que une agence web engagée, nous utilisons des appareils reconditionnés.

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La consommation de données et l'obsolescence logicielle

Chaque année, nous produisons également énormément de données (plus de 4 000 giga), qui ont aussi un impact direct sur l'environnement. Cette pollution numérique vient des data centers et des milliers de serveurs qui sont nécessaires au stockage et au traitement des données, et qui ont une consommation d'énergie élevée.

Par ailleurs, l'obsolescence logicielle n'est pas sans contribuer à cette surconsommation. C'est elle qui détermine, pour un bien ou un service, s'il est périmé, ou ressenti comme tel.

On distingue alors 4 types d'obsolescence :

  • L'obsolescence indirecte : cela concerne les applications et OS tellement énergivores que nous sommes incités à changer de matériel régulièrement ;
  • L'obsolescence directe : elle se traduit par la fin du support technique des logiciels, ou l'arrêt de la fabrication de certains composants de rechange, et qui nous pousse à passer à une version plus récente ;
  • L'obsolescence par incompatibilité : la fin de vie d'un équipement est liée à la création de nouvelles versions d'un logiciel qui ne sont pas compatibles avec le matériel actuel ;
  • L'obsolescence perçue : cela correspond aux utilisateurs qui préfèrent avoir des logiciels plus à la mode, au détriment des versions antérieures, pourtant toujours opérationnelles et performantes.

Quel que soit le type d'obsolescence, elle nous pousse à changer nos services et nos équipements numériques, malgré l'impact environnemental que cela génère.

Selon les dires, la production d'une tonne de matière rare émet 60 000 m² de déchets gaziers, déverse 20 000 m² d'acide dans l'eau, et génère de 1 à 1,4 tonne de déchets radioactifs.

La fin de vie des équipements électroniques

L'impact environnemental de nos équipements numériques ne se limite pas à la fabrication et à l'utilisation. La fin de vie d'un équipement électronique impacte aussi l'environnement. On dit que seulement 15 % des téléphones sont collectés pour être recyclés, ce qui est très peu et catastrophique, car les téléphones sont clairement des déchets extrêmement toxiques.

Il existe d'ailleurs des indicateurs, appelés empreintes écologiques environnementales, qui calculent la pression exercée par les êtres humains sur les ressources de la nature. On compte alors la surface qu'il faut pour produire les ressources nécessaires à un individu ou à une activité. Concrètement, si le numérique était un pays, il représenterait 2 à 3 fois l'empreinte écologique de la France.

L'empreinte carbone du numérique est aussi gigantesque, et s'évalue en émission de gaz à effet de serre. Cela comprend tous les biens et services importés, qui représentent une part plus importante que le transport, le logement, ou encore l'alimentation.

Les impacts économiques du numérique

Illustration d'un téléphone avec une augmentation de productivité.

La création de logiciels et d'applications prend du temps, des ressources et du budget. Et de plus en plus souvent, les écrans, les ordinateurs, ou encore les téléphones ont une durée de vie très limitée, devenant presque des biens à usage unique. L'impact économique du numérique a alors une portée importante, notamment chez les particuliers.

Mais, on peut quand même noter des aspects positifs du numérique sur l'économie, notamment avec les nouvelles façons de travailler.

Prenons l'exemple du télétravail : certaines entreprises sont full remote, ils n'ont donc pas de locaux, pas de loyer, et donc pas de dépenses sur ce poste-là ce qui permet de réduire son empreinte carbone.

Une entreprise engagée dans la RSE constate également que le numérique responsable a tendance à accroître sa productivité, car cela répond aux attentes particulières des clients.

Mais le gros point fort de l'économie numérique, c'est de permettre d'accélérer les échanges, et donc les prises de décisions. Quand, autrefois, il fallait organiser une réunion avec le S+1, qui lui-même devait faire une réunion avec le S+2 et ainsi de suite, avant de prendre une décision, aujourd'hui, un simple mail peut faire bouger les choses rapidement. Sans parler du fait que le numérique prend diverses formes, et que cela peut contribuer à l'activité d'une entreprise, que ce soit en communiquant sur les réseaux sociaux, ou en étant accessible facilement en ligne, ou même en proposant des services entièrement digitalisés.

Le numérique a donc des impacts économiques négatifs, car on consomme beaucoup, voire trop. Mais il a aussi des effets bénéfiques, car il améliore les conditions de travail, et donc la productivité des entreprises.

Les impacts sociaux du numérique

La révolution numérique des agences plus responsables fait couler beaucoup d'encre, et si beaucoup y voient une grande opportunité de s'ouvrir au monde et de se faciliter la vie, les inégalités persistent, et les dangers sont réels.

L'impact social de la fabrication des produits numériques

Nous avons vu, dans les impacts environnementaux, que l'extraction de matière rare était importante. On imagine alors les grosses machines qui travaillent presque seules. Pourtant, la réalité est toute autre, et encore aujourd'hui, de nombreux enfants travaillent dans des conditions très difficiles, et souffrent de maladies liées à l'extraction, comme des problèmes respiratoires, voire des cancers.

Une fracture numérique bien trop importante

Illustration d'une personne surchargée de travail.

Sur la partie fabrication, la délocalisation de la main-d'œuvre est réalisée dans les pays pauvres, où les travailleurs ont un rythme de travail indécent et des conditions de travail déplorables. Et quant à la partie utilisation, on parle de fracture numérique, qui met en avant les grosses différences d'accès au numérique.

Si les avancées sont énormes et très bénéfiques à de nombreuses personnes et entreprises, beaucoup n'ont encore pas accès à ces outils-là. Cela génère un certain isolement, que ce soit au niveau professionnel ou personnel, à petite ou à grande échelle.

Un nouveau terme a d'ailleurs fait son apparition : l'illectronisme. Cela évoque les difficultés et incapacités qu'une personne peut avoir à utiliser les outils informatiques, en raison d'un manque, ou d'une absence totale de connaissance. Cela concernerait près de 17 % de la population française, et témoigne encore de l'importance de la fracture du numérique, ne serait-ce qu'à notre échelle.

L'impact d'une utilisation excessive ou inadaptée du numérique

L'utilisation des services numériques a aussi des effets plus pervers, notamment lors d'usage détourné ou abusif d'Internet, des réseaux sociaux, ou encore des objets connectés. On parle alors de non-respect du droit à la déconnexion chez les professionnels qui restent joignables et connectés même sur leur temps de repos, de cyberharcèlement, ou encore de troubles de l'attention, notamment chez les plus jeunes. Tout ça représente l'impact social du numérique qui n'est pas à négliger.

L'impact social des équipements sociaux, même en fin de vie

Une fois que les objets numériques arrivent en fin de vie, le recyclage des déchets électroniques (DEE) a lui aussi un impact social sur la population. En effet, si une partie est recyclée, le reste est entreposé dans des décharges sauvages, qui entrent souvent dans des circuits illégaux. Ces décharges à ciel ouvert, dans les pays en voie de développement, causent des problèmes de santé catastrophiques aux habitants environnants et impacte aussi l'environnement..

L'incertitude des impacts psycho-sociaux du numérique

N'oublions pas que le numérique est encore tout récent dans le monde moderne, et nous n'avons pas encore assez de recul pour connaître précisément les effets sur la santé.

Si on parle, par exemple, du DAS (Débit d'Absorption Spécifique), qui permet de mesurer l'absorption des ondes d'un produit, on ne sait pas encore vraiment si tout cela est sain pour nous et nos organismes.

Les inégalités d'accessibilité au numérique

Nous avons vu que la fracture du numérique était majoritairement marquée par le manque d'accessibilité aux outils du numérique par certaines populations. Mais d'autres personnes pourraient y avoir accès matériellement, mais ne le peuvent pas en raison d'un handicap physique ou cognitif.

Ainsi, les personnes qui ont des déficiences visuelles ou auditives, ou des handicaps physiques, rencontrent de grosses difficultés à naviguer sur le web, même si de plus en plus de solutions sont proposées (agrandisseur de texte, transcription textuelle, traduction de contenu en langage des signes, souris ergonomique, logiciel à reconnaissance…). Pour surmonter les difficultés cognitives, on peut assister la navigation avec des icônes, par exemple, ou des logiciels de reconnaissance vocale.

En ce sens, une nouvelle norme a vu le jour. Le RG2A, référentiel général d'amélioration de l'accessibilité, vise alors à rendre les services numériques plus accessibles.

Les impacts sociaux positifs du numérique

Si les obstacles à un numérique plus responsable est important pour la société en général, on retrouve aussi des impacts sociaux positifs du numérique. C'est le cas, par exemple, du travail à distance, du fait de pouvoir rester en contact avec ses proches, ou encore des technologies d'assistance… En revanche, il faut bien comprendre que ces outils sont addictifs, et peuvent avoir un impact sur l'isolement social des gens. La fracture du numérique accentue ce phénomène de décalage entre les populations.

Les impacts politiques du numérique

Peu de médias en parlent, mais le numérique est à l'origine de nombreuses tensions politiques et de conflits armés. Par exemple, en République démocratique du Congo, l'extraction de matière première génère de fortes tensions.

Rappelons, par ailleurs, que la production de 50 millions de tonnes de déchets électroniques en 2019, dont 70 % proviennent d'un trafic international d'exportation vers des pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est. Ces informations, confirmées par plusieurs études, font référence à un trafic qui a une dimension comparable à un trafic de drogue, et ont de quoi nous inquiéter.

Heureusement, des instances européennes et internationales rendent le numérique un peu plus réglementé qu'autrefois, et pour toutes les parties prenantes (fournisseurs, entreprises, clients).

Mais, le numérique reste problématique à certains niveaux, notamment dans le respect de la vie privée. En effet, le numérique permet quand même de collecter un nombre de données impressionnant sur nos vies, nos usages, ou encore nos intentions d'achat, sans même qu'on s'en rende compte. Vous rendez-vous compte du nombre de caméras qui vous filment chaque jour, dans la rue, ou quand vous faites vos courses ? On est en droit, alors, de s'interroger sur la collecte et le traitement de ces données.

Heureusement, là encore, de nouvelles initiatives s'imposent face à cela. En Europe, le RGPD (règlement général sur la protection des données) protège les données personnelles, notamment en ligne. Aux États-Unis, on parle du Cloud Act, une loi de 2018 qui permet aux instances de justice d'accéder aux données, notamment sur le cloud.

Quel avenir pour le numérique ?

Les gens ont vraiment vécu la révolution numérique comme une opportunité et une avancée gigantesque dans le monde. Et c'est vraiment le cas. Mais il faut garder à l'esprit les impacts que peuvent avoir nos habitudes numériques, et s'engager à avoir une consommation raisonnée, pour ne garder que ce qu'il y a de mieux dans le numérique, et limiter au maximum les impacts négatifs. C'est ce que nous essayons d'appliquer chaque jour chez Lemon Interactive, en adoptant des habitudes responsables, comme l'éco-conception web.